-
O d é c a p h o n i s m e
version x+1.
-1-
enfin le fond surgit pour happer les cordes creuses
cours biographe ! interroge sur l'ampleur de l'ombre
cette barbe rousse leur brûle il semble bon d'invoquer
les formules magiques en déclin dont le souffle meurt
créant là leur propre sauce les dieux ont voulu vaincre
peindre au jour les mensonges d'ivrognes sérieux du bar
ce dé sous vide au soin du ciel leur racontant
l'agonie de l'escorte sur un sang rouge tombée
comment t'appelles-tu fée toute sainte noble jeune fille
tu sens bon courbe de beauté or c'est bien dommage
j'en ai vu foule assez ! me console au pire pleure
ô point d'orgue sur tes hanches où je chavire chrétien
des coups distincts résonnent dessus mon antre
insuffisant pour frôler le cordon d'haleine
sourire opalin qu'on crut de l'or dans ces yeux
comme conséquences amour oblige je meurs
devant sa fraîche désinvolture aucun rideau
de doux dingue disparu des écrans contrôleurs
incohérent monde où se noient mes yeux tristes
soudain l'idée sauterelle jonche leur sol
gâchis logé dans cette lune de bronze peinte
invoquant les ressources rondes d'une rigueur cachée
la sueur collective semble moins forte que l'égout
la douleur collective sent moins fort que l'épure
pas un mot sur mon sort seulement dix détours
-2-
sous l'équinoxe se pose une pâleur inconstante
et l'herbe molle simule un nouveau mal dompteur
la nuit on dort un jour s'éclaire de cent odeurs
frais dispos nul ne pense à l'inconfort feutré
l'ingénieur vend toutes sortes de fromages fondus
rasé de près il court nu dans un pôle nord songeur
sa main d'homme n'y déverse fantôme qu'une pelouse
mais l'arrivée au port se conclut en douceur
n'y pense plus foule ! la preuve est trop forte de son plein
souvent même notre bonheur vient sachez fondre dessus
c'est sûr que si l'on pense à tout notre peau s'éteint
demain s'est mis à fumer beaucoup en sont morts
leurs destins assortis faisant montre de culot
assurément seul il ne songe qu'au sien fouet
qu'il réserve fin de l'homme une douleur assommante
un trente sixième couteau pour répondre à notre peur
il faut qu'on s'invente simples écueils de nouveaux ports
faisons notre tri entre les routes et nos cartes
dans ce lit mortuaire un château blanc couché fond
le côté magique des formules
un dé sur la colline roule vers le pont en or
insolite et secret comme une mappemonde en fleur
qui corrupteur sort d'aplomb de l'intense décret
sort de l'honneur du bain longue alanguie déesse
l'inconstant défile saoul sur le crawl orpailleur
et l'herbe molle rondeur simule un mal nouveau
et quelle force faut-il pour convaincre le temps buveur
combien de pieds sur les marches soupirent
-3-
plus épanoui que les flocons dans leur robe peinte
l'humble faucon réussit à rendre ses torpeurs justes
sereines et vivables comme un oeuf dur sans cocon
plutôt pourrir mort sur place rongé de haine neuve
on plante cinq kilos de verdure pour l'âme sœur
un pour chaque orteil de son côté unijambe
nos victuailles sont gorgées sans regret sous leurs plaintes
des angles morts jusqu'aux ras éperons
vases communicants le corps des fleurs nous incombent
soudaine dissonance sueur le sein s'ébroue s'affole
torpeur jutant si un tronc venait à pousser
à l'aube quand le chrétien nous quitte les humeurs flottent
chaque humain au réveil se contemple hors viseur
notre amour destructeur vaut bien mille doux mensonges
quel plus faut-il pour contraindre le temps écorcheur
dont nos cœurs endurcis comme un roc par ces coups
quelques sauts de puce à l'épreuve pour s'enfuir
faucille dés maintenant où les peurs survoleront
destin plutôt pénible gageure moudre son corps
pour suffire sain à l'espérance de mon cogneur
l 'humble parcourt le monde connu en hélicoptère
il me manque cette douceur du large profonde et crainte
un bloc de souffrance muette pour pirate
un bandeau sur les yeux
refrain
le malheur humain nous porte vers cent mélodies
le nageur plonge côté mur dans la cour
avec ce mot tristesse pour fin
-4-
hors des murs va le monde et nos envies sont veuves
dans leurs soutes les chaleurs secondent l'hélice plus proche
pur lin sans chlore déplorable qu'on roule rêveur
la vie pleine comme un oeuf souvent se gonfle
théâtre du bonheur des siens où l'ombre s'endort
la peur au ventre elle me détient
la fraîcheur en douce porte aux nues son béguin
cette nonchalance me donne du cœur au sein
hors d'un ciel pur où frémit le bonheur d'argent
notre sainte horreur des exactitudes nous enfonce
un jour le conseil approche en écho : jubile
et l'arroseur paye tout content le prix du train
des formes absurdes coussins pour mieux ranger son cœur
vain scénario du temps conte où se meurent les corps
opéra diurne de l'intense fleur qui fondait
au doux soleil de juin
l'atmosphère houleuse teinte détendons nos humeurs
je suis mon propre chef aux doux implants rêveur
l'inconstant prieur l'épaule à une fête se foule
et mes spores se brisent contre un mur
j'invoque l'aube bicéphale que les vents m'ont vu coudre
au cœur du monde l'envers implique ce drame
l'habitude est surtout un écueil en potion
le sémillant jeune homme hurlait contre un boa
un hymne à l'endormi des décombres sous l'eau
au dessus de l'infâme volent leur être écrivant
l' injustice coule dans ses canaux
incontournable rose lieu des senteurs dorées
-5-
à mon successeur
dur écueil d'être dissous sans un fond de fado
s'offusque l'affranchi qu'on voudrait moins bégueule
notre volonté de puissance nous laisse bien seul
sans les secours d'une corde de sillons à dos
stationnement voleur qu'expurge l'ondée douce
de sa cellule hissée hors des contrôles censeurs
l'orchidée pense aux terrains nuageux
où les requins marteaux du nord prendront leur douche
comme un hommage dériveur envers son vieux bain
le temps se fait noir aujourd'hui et l' on pleure
bien longtemps leur monnaie qui sonne trébuchera
toute impunité face aux efforts de mon cœur
virulentes erreurs qui pointent sous nos fronts d'aveu
pour zéro sur dix l'aigreur passe encore
un ange s'étire nulle raideur au fond de l'adieu
un tel radieux mélange nous comble bonheur plus fort
écart de conduite d'où les mots sortent enfin
comme il a faim ce jonc tantôt laissé pour mort
d'où ruisselle le son grave d'un écho plongeant fin
réussir dans mon sommeil à boire le simple mot
les cieux sont d'astreinte aujourd'hui et leur vol ment
encart jeté sur l'immonde corps au sein des loups
deux paupières closes veulent fondre l'écaille rousse du printemps
la densité du confort impose de nous perdre
on aurait dit parbleu comme une route endeuillée
dans ce goudron si noir impeccable écorcheur
la bonté colle aux dieux invendus fous
chaque humain au réveil se contemple dit : je meure
- 6 -
aurore
leurs ponts-levis s'abaissent intimant l'ordre d'oser
on sort par le haut d'un égout rudimentaire
vers l'au-delà se trouvent un costume milles grandeurs
sommes nous enfin sûr que nos oeuvres puissent être montrées
leurs ponts-levis s'affaissent ouvrant aux hommes un mur
cette coulée de lave qui fond sur nos jeunes printemps
si l'on coince nos tchadors sous une fente de fauteuil
nos fonds de vie s'avèrent forts déroutants
l'ossature dégringole quand le prieur conteste
or l'attitude d'aimer ne s'impose qu'en mon trouble
aux pâtures rincées où l'ordre piquant confesse
l'oralité perdure grinçante nous conforte
cet onanisme bienvenu m'offre son écueil fourbe
aux abords déroulant d'un esprit onduleur
onanisme enfumé qu'on voudrait ceint de ports
un bout d'arc-en-ciel fléchit sur mon corps
clef en main montre au poignet il couture le deuil
couvre de feuilles la porte d'un sujet conséquent
maintenir cousu l'objet l'hameçon sans pécheur
les ronces envahissent tout de leurs corolles d'écrin
notre volonté d'airain n'y peut pas grand coup d'œil
notre volonté n'y peut rien
notre pudeur sombre étanche insoutenable coquille
et notre pantalon clair nous distingue du peuple
les ronces déshonorent tout dans leur sillage d'emprunt
conquises leurs morts vinrent elles à nous sans sursauter
l'intempérie du jour ne tombe pas hors forêt
un pléonasme de plus pour notre cœur en rayon
-7-
crue de mots dont la couleur chante l'iode d'un décembre
rien ne va les flots courent et leurs rus sont bénis
et tu joues ton avenir proche en ses mains chaudes
un bloc de souffrance muette pour ami
mais ton amour me manque impossible borné stop
une nouvelle vie gantée s'offre à nos cœurs d'humains
c'est dur aussi pour l'humble de penser à notre heure
nos corps de beurre sur un divan éteints
passer un coups de fil aux mains du monde en fleurs
comme seul plaisir manger ou alors fondre de faim
mer du globe océan mirage ou creux confins
sous leur teint rubicond les cauchemars s’étiolent
bonhomme j'attends l'excuse qui évince le mouron
nos températures montent seul le symbole persiste
comme si je progressais sur une plaque engoncée
rut en trombe la sainte s'éprit pour faire oeuvre d'homme
on déplore un chef pieux aux injures qu'il roula
face aux yeux du destin coulent leur plomb déplorant
contraint forcé à rougir au vertueux cœur
pas d'erreur compromise dans les fours princiers
quand le passé s'interpose qu'on nous coffre une cime
arlequin comme cet auguste clown rêveur qu'on pend
panse son cher orateur un coup haut le décime
à mon humble niveau flirtent foudres et feux lents
coupures de presse étalant leurs potins dix morts
et la liste est trop longue de tous leurs instruments
longtemps pieuses leurs colonnes soudain l'absurdité
longtemps leurre au dehors soudain la surdité
-8-
or tu m'aimes trop inconvénient majeur
hargneux îlot où cognent sans pudeur les épingles
billot couronne vent pur
un peu beaucoup tu l'aimes à tort
le manque d'amour au contraire décuple il syncope
poison fidèle doux et lent corps humain je meure
une main chanceuse aux lignes claires écarte leur tronc d'homme
tu vins au devant d'elle comme si nous étions mort
sachez que notre souffrance seule plainte au monde n'est dupe
seul trésor vain avec le vent où nos ombres bruissent
au contraire de jésus il manque d'amour porteur
lent nuage au point mort où les chemins périssent
leurs verrues coriaces s'échouent aux embruns nombreux
lors du printemps on préconise d'absoudre les deuils
l'impératif reste le seul ordre qu'on eut beau vendre
lors du printemps on préconise d'absoudre les dieux
un larousse comme missel aux yeux du contempteur
donne raison à notre doute haut lieu du saint prénom
robert jaloux me semble singer
d'un petit poids l' erreur ambiguë d' ésope saoul
l'usage des prémices impose de coudre son envol
l'unique espace étant clos le cordon vainqueur
les corps plongent en cœur épitaphe au sein du doute
notre danseur déboule futile aux blondes abeilles
au sortir d'un vécu qu'on voudrait malheur tendre
l'anodin présent d'or puise le fond des heures floues
anéanti comme une souche on se peint d'horreur
confuse notre peur indifféremment verte ou bleue
les vagues ont changé de couleur
-9-
déjà tout petit on encordait maints bonheurs
et raisonnablement truqueur on n'y peut rien
ces cerfs volants qui m'ont ému
ouvrent leurs portes aux cieux marins
les couleurs évoluent en rapport fond de teint
d'heure en jour au grain les habitudes vont et collent
ou leur vécu ronflant de parodie sincère
ou quelques grammes d'un étrange bonheur
aux alentours du fond des cieux pleure notre défunt
au tour de table succède un monde silence et deuil
nos douze notes de musique sérielle attendent qu'on trinque
qu'un mélomane goûte hors concert leur pelure blanche
accueilli en plein cœur voué au long corps perclus
le palpitant savoure son décret d'impudeur
inonde ô bain ma naissance
dans cette vallée de l'aube où l'humain dort pilleur
nos vingt ans d'œil se délectent du son vague qui court
aussi contraire le manque d'amour écorne l'humeur
la crainte le désir oh... mon cœur fou en braise feule
même si du haut dehors mon drame vous semble bénin
aimant d'un tout plus vaste qui pose le monde en leurre
le rouleau compresseur hors d'atteinte s'érige nu
leurs mouvements d'éolienne furent alors contraints
par le train écumant nos folles girouettes en fleurs
mais au point mort la vie s'étend
la vie se perpétue
nul temps de synchroniser leur montre les carrosses
tout contre leur torse une imposante pluie bleue paresse
-10-
eve
une forte tension au sein m'a aidé pour ce cri
à gauche bout comme une onde un battement crécelle
le cœur oui non mutin bat forcé ment cogneur
meuble sphère le bonhomme envoûte l’idéal
ode et fable austère sur le ton triste d'un clown blanc
leur folie du ménage sert le monde en coupole
ces pseudos insoumis portent émus la confiance
humble vous êtes obligé de la prendre sous votre tombe
les mots sont sans soucis impétueux orpailleurs
il faudrait que tu saches combien leur portée change
latin brut sinon bel hébreux coulant d'import
pour la prochaine sortie on chauffe cent jus de fleur
que nos cœurs sortent du sas et qu'ils meurent inconscients
comme un dernier rempart roulons bonheur ultime
j'ai installé une tente pour que nos corps y pleurent
trop outrées par le sort sont les langueur du vivre
longtemps l'athlète couve la piste d'un oeil torve
qu'il a plein de torpeur et les muscles en coton
l'indésirable douleur contenue m'emportait
leurs muses élaboraient le plan qui nous vaincra
l'insurgé contre l'amour enveloppe ses dix fleurs
dans cette sorte de clameur qui accueille le vaincu
fasse que du jour il reste encore vainqueur
perdrix à retrouver au sein du corps ronflant
dans la gueule du requin dorment des ogives rouillées
lumière crevant l'ailleurs d'un monde nouveau
ou réclusion à perte qu'importe nos rancœurs
un seul lieu pour la pendaison : l'île au trésor
-11-
débit de mots qu'on coule cherchant à rompre l'impur
leur cadeau humide en mains sert d' éloge honteux
comme si j'enviais une plaque de clou à mon honneur
les humbles suivants déboulonnerons nos statues
mon ouragan intérieur aux yeux des hommes sue
cinq vieux solennels s'épuisent en chœur sur mon sort
quelques uns ont cru voir et ils nous endorment l'œil
l'amour impossible demeure mon cortège déchu
et les matelots meurent riant d'une mort d'oursin
encore que l'insolite scrutait déjà son trou
cette réunion m'honore car l'enfreint ne nous heurte
comment font ces félins pour vivre adultes
l'homme canicule faisait crouler nos membres
or cette bise survint pour calmer nos fronts boueux
long corridor le sein flanche dure s'écoule ma peine
l'amour bien aimé mue se meurt haut en tessons
un paréo me protège du vent fort qui souffle
défunt je tombe dans la buvette rousse feuille d'automne
inculpé pour notre meurtre des arrogantes secondes
le doux poids des timbres purs vibre en mon cœur comblé
aucune arme blanche n'inquiète le bouffon seul
plus malin qu'ils ne semblent les honneurs sont formés
et occupent l'espace-temps pour mieux vaincre leur mousson
cas d'intempérie peu commode où l'on meurt : vertu
quelque aiguille dans l'obtus cœur tout se dégonfle
voyageur immobile sur le plancher des vaches
rendez vous impromptu chevauchons l'extatique
couchons nos corps perdus chez un chantre statique
-12-
eurêka leur clepsydre résorbe son trop plein dune
d'une rose de sable neuf ou d'un désert confiant
le plus sordide bouge les autres s'embrassent et l'un meure
et stupeur : le sage inquiet par un songe s'endort
nulle prise de parole fleuve n'est donnée concourante
goûtons ce calme qu'imbues les feuilles blanches démolissent
elles se sentent comme un cocon mis à nu qu'écœure
maître corbeau sur son arbre ténu
au bleu firmament on plaint les joueurs fortunés
de rencontrer quelqu'un sous une chaleur horrible
oh alors on devient pire qu'une mouche sédentaire
instance d'une nouvelle géographie de l'homme bon
comme adjectif au nom d’un empereur découle
l’œil humide semant douceur au fond du vagin
mais le fumeur n’y voit qu’un doux présage
accueil hostile dans ce monde inconnu
joufflu ce temps long et poli vient d'ailleurs
me tirer du vide où mon sommeil feint l'attente
un seul appel hideux nos sols s'en trouvent jonchés
le fébrile mouton syncope du fer attend l'heure
clamez tout près chuchotant que seul un corps vit
enveloppe de pudeur autour d'un fond sauvage
veuillez vous astreindre si nos coqs bon chanteurs plaisent
réticents aux caresses
ils se couchaient tôt sur un passé enfin mort
mais l'homme rentre seul d'où il a vécu son cœur suinte
jusque mort s'en suive compte les feuilles d'un journal
quelles amours figées au son du bonheur ne trinquent
-13-
hors concours
le biographe ému feint d'être franc
passionnant au point que les mouches dorment tombent du chœur
comme doux nom d'emprunt de leur nature émotive
l' érudit semble moins lourd que ces ombres de porteurs
les femmes et hommes au printemps font courir leurs muses
endormi fanion une houle m'étreint c'est mon hôte
aimant pure perte à tout rompre humble prosélyte
mon cœur qui bat sans qu'aucun pouvoir puisse le tuer
incestueux épilogue qu'on arpente doux rôdeur
quelque mélange de bonheur vient sous le sein pâlir
l'usage des épices nous impose de pondre en vol
les vaches ont changé de couleur
isolé loin de tout la candeur des portions
glissant dans l'or tel un dieu sur l' olympe
rusé robinson en sa demeure voulait vivre
déplaisante peur pointue joli cauchemar blond
la vie flotte dans nos crues son butin me fait peur
s'offre au monde par un remous d'ivresse
quand la migraine donne le bourdon aux défunts
personnage féminin dans l'aube longtemps fleur
rare torrent objectif lune rêvons pour demain
comme l'aube amoindrie dont l'égout serait fendu
associés pour du vent comme deux conduits s'effleurent
une solitude transpercée d'amour en besoin
comme le disent haut les cartes seuls les princes sont touchants
d'aucuns ont eu le courage d'entrer faire leur nid
à ce train l'équivoque mauvais boulon prudence
impose de mettre l'orgueil et la fronde en sourdine
Sunderland 29 octobre o4.
[ annexes ]
-a-
préambule
à qui sert le monde où dorment nos peurs
cette clarté diurne meurt et soleil ne comprend rien
un long sourire comme une impasse enflée de deuil
les noces de figaro m'ont vu manquer leur train
encore l'heure
chaque humain se réveille au compte goutte
soldat bloqué sur ses jambes par moult liqueur de vin
sept heure du matin et le fourgon qui tremble
le saint dit pouce et l'on songe aux dormeurs
des feuilles peintes
le préambule pour consigne aura
l'interpolation veule dans le mou du génie
même quand l'haltérophile vous hurle de rompre votre pain
goûtez à l'oxymel infantes corrompues
des vingt ans
amour sérieux dont l'autre sort lueur
le seul indice qu'ont rendu précoces les coupables
cambouis dont les mains sortent plus blanches
vécue hors d'aujourd'hui mon empreinte est ailleurs
--
-b-
l'empire du doute fait sa ronde en notre cœur
dormir debout à l'envers contre un mur
anecdotique réveil sur ce sein blanc
mon âme folle se réfugiait dans le flou
journaliste singulier de son temps propre
au fond du trou rasé de près il chante
c'est la vie c'est la vie coquin de sort
quand l'hiver approche et que les feuilles fondent
l'oiseau petit sombre apnée dans l'aigreur
augustes présages nichant sous les ponts
comme l'olive devient huile montrant sa chair
vaine poésie qu'on éructe en notre nom
encore réactif au son de ces muses
oeilleton masquant l'oubli utérin
pleurs du peintre qui observe le monde en pied
le sang coule pâle sursis et nos pores sont vainqueurs
--
-c-
qui fait que notre monde tourne sur la pointe
volupté calme qui tendre opère
sous ces allures de prophétie
éclaireur ardant aux joues bleues
comédie d'avant scène pour que l'oiseau sorte nu
mais d'où sort donc ce nid carré
silence mon maître que j'affectionne
donne moi un peu ton éloquence
recommandation simple et juste
dieu vaut la peine de s'obstiner
faire une chanson de cette journée
un veston aux manches décousu
laconique pour sembler plus noble
sous son allure mobile d'errant
notre chevalier servant voudrait
ronger ce bureau où s'entassent les gains diurnes
il a vingt ans et toutes ses ronces
punaises sous nos pas enfoncées
au front le temps nous est compté
les sillons courent
l'escalier du bord monte aux cieux
alexandrin(s)
--
-d-
la fraîcheur en douce porte aux nues son béguin
cette nonchalance me donne du cœur
la peur au ventre elle me détient
la fraîcheur en douce porte aux nues mon béguin
cette nonchalance me donne du cœur au sein
--
-e-
trépignant amours sur nos têtes
nos vœux les rendent impérissables
clin d'œil complice reflux d'ardeur
porte close des jours anciens
vociférants pleurs de marins
plaintes ordinaires que tous côtoient
comment parler de ces choses vues
sans les honneurs que rajoute l'ombre
ribambelle maintes fois déroulée
le poème fondateur du monde
blindé de drame comme une outre pleine
une foule de visages bienveillant
devant nos liens sacrés du sexe
pour quel avenir en commun
fréquence impossible le cœur lâche
amour injuste
--
-f-
suc d'oxymore qu'on tire des plante
le vent frais améliore mon rhume
formidable ruée vers le beau
rennes lacérant la peau des mains
sous une voix blanches mains et dents longues
fichez le camp mauvais présages
ce sourire masque m'occulte ton corps
désormais inondé de sueur
la paume traîne son ancre sous le socle
jusqu'au sang galopent les traces
l'œuvre n'est point de l'homme l'étalon
(d)odécaphonisme incomplet
O d é c a p h o n i s m e
version x+1.
-1-
enfin le fond surgit pour happer les cordes creuses
cours biographe ! interroge sur l'ampleur de l'ombre
cette barbe rousse leur brûle il semble bon d'invoquer
les formules magiques en déclin dont le souffle meurt
créant là leur propre sauce les dieux ont voulu vaincre
peindre au jour les mensonges d'ivrognes sérieux du bar
ce dé sous vide au soin du ciel leur racontant
l'agonie de l'escorte sur un sang rouge tombée
comment t'appelles-tu fée toute sainte noble jeune fille
tu sens bon courbe de beauté or c'est bien dommage
j'en ai vu foule assez ! me console au pire pleure
ô point d'orgue sur tes hanches où je chavire chrétien
des coups distincts résonnent dessus mon antre
insuffisant pour frôler le cordon d'haleine
sourire opalin qu'on crut de l'or dans ces yeux
comme conséquences amour oblige je meurs
devant sa fraîche désinvolture aucun rideau
de doux dingue disparu des écrans contrôleurs
incohérent monde où se noient mes yeux tristes
soudain l'idée sauterelle jonche leur sol
gâchis logé dans cette lune de bronze peinte
invoquant les ressources rondes d'une rigueur cachée
la sueur collective semble moins forte que l'égout
la douleur collective sent moins fort que l'épure
pas un mot sur mon sort seulement dix détours
-2-
sous l'équinoxe se pose une pâleur inconstante
et l'herbe molle simule un nouveau mal dompteur
la nuit on dort un jour s'éclaire de cent odeurs
frais dispos nul ne pense à l'inconfort feutré
l'ingénieur vend toutes sortes de fromages fondus
rasé de près il court nu dans un pôle nord songeur
sa main d'homme n'y déverse fantôme qu'une pelouse
mais l'arrivée au port se conclut en douceur
n'y pense plus foule ! la preuve est trop forte de son plein
souvent même notre bonheur vient sachez fondre dessus
c'est sûr que si l'on pense à tout notre peau s'éteint
demain s'est mis à fumer beaucoup en sont morts
leurs destins assortis faisant montre de culot
assurément seul il ne songe qu'au sien fouet
qu'il réserve fin de l'homme une douleur assommante
un trente sixième couteau pour répondre à notre peur
il faut qu'on s'invente simples écueils de nouveaux ports
faisons notre tri entre les routes et nos cartes
dans ce lit mortuaire un château blanc couché fond
le côté magique des formules
un dé sur la colline roule vers le pont en or
insolite et secret comme une mappemonde en fleur
qui corrupteur sort d'aplomb de l'intense décret
sort de l'honneur du bain longue alanguie déesse
l'inconstant défile saoul sur le crawl orpailleur
et l'herbe molle rondeur simule un mal nouveau
et quelle force faut-il pour convaincre le temps buveur
combien de pieds sur les marches soupirent
-3-
plus épanoui que les flocons dans leur robe peinte
l'humble faucon réussit à rendre ses torpeurs justes
sereines et vivables comme un oeuf dur sans cocon
plutôt pourrir mort sur place rongé de haine neuve
on plante cinq kilos de verdure pour l'âme sœur
un pour chaque orteil de son côté unijambe
nos victuailles sont gorgées sans regret sous leurs plaintes
des angles morts jusqu'aux ras éperons
vases communicants le corps des fleurs nous incombent
soudaine dissonance sueur le sein s'ébroue s'affole
torpeur jutant si un tronc venait à pousser
à l'aube quand le chrétien nous quitte les humeurs flottent
chaque humain au réveil se contemple hors viseur
notre amour destructeur vaut bien mille doux mensonges
quel plus faut-il pour contraindre le temps écorcheur
dont nos cœurs endurcis comme un roc par ces coups
quelques sauts de puce à l'épreuve pour s'enfuir
faucille dés maintenant où les peurs survoleront
destin plutôt pénible gageure moudre son corps
pour suffire sain à l'espérance de mon cogneur
l 'humble parcourt le monde connu en hélicoptère
il me manque cette douceur du large profonde et crainte
un bloc de souffrance muette pour pirate
un bandeau sur les yeux
refrain
le malheur humain nous porte vers cent mélodies
le nageur plonge côté mur dans la cour
avec ce mot tristesse pour fin
-4-
hors des murs va le monde et nos envies sont veuves
dans leurs soutes les chaleurs secondent l'hélice plus proche
pur lin sans chlore déplorable qu'on roule rêveur
la vie pleine comme un oeuf souvent se gonfle
théâtre du bonheur des siens où l'ombre s'endort
la peur au ventre elle me détient
la fraîcheur en douce porte aux nues son béguin
cette nonchalance me donne du cœur au sein
hors d'un ciel pur où frémit le bonheur d'argent
notre sainte horreur des exactitudes nous enfonce
un jour le conseil approche en écho : jubile
et l'arroseur paye tout content le prix du train
des formes absurdes coussins pour mieux ranger son cœur
vain scénario du temps conte où se meurent les corps
opéra diurne de l'intense fleur qui fondait
au doux soleil de juin
l'atmosphère houleuse teinte détendons nos humeurs
je suis mon propre chef aux doux implants rêveur
l'inconstant prieur l'épaule à une fête se foule
et mes spores se brisent contre un mur
j'invoque l'aube bicéphale que les vents m'ont vu coudre
au cœur du monde l'envers implique ce drame
l'habitude est surtout un écueil en potion
le sémillant jeune homme hurlait contre un boa
un hymne à l'endormi des décombres sous l'eau
au dessus de l'infâme volent leur être écrivant
l' injustice coule dans ses canaux
incontournable rose lieu des senteurs dorées
-5-
à mon successeur
dur écueil d'être dissous sans un fond de fado
s'offusque l'affranchi qu'on voudrait moins bégueule
notre volonté de puissance nous laisse bien seul
sans les secours d'une corde de sillons à dos
stationnement voleur qu'expurge l'ondée douce
de sa cellule hissée hors des contrôles censeurs
l'orchidée pense aux terrains nuageux
où les requins marteaux du nord prendront leur douche
comme un hommage dériveur envers son vieux bain
le temps se fait noir aujourd'hui et l' on pleure
bien longtemps leur monnaie qui sonne trébuchera
toute impunité face aux efforts de mon cœur
virulentes erreurs qui pointent sous nos fronts d'aveu
pour zéro sur dix l'aigreur passe encore
un ange s'étire nulle raideur au fond de l'adieu
un tel radieux mélange nous comble bonheur plus fort
écart de conduite d'où les mots sortent enfin
comme il a faim ce jonc tantôt laissé pour mort
d'où ruisselle le son grave d'un écho plongeant fin
réussir dans mon sommeil à boire le simple mot
les cieux sont d'astreinte aujourd'hui et leur vol ment
encart jeté sur l'immonde corps au sein des loups
deux paupières closes veulent fondre l'écaille rousse du printemps
la densité du confort impose de nous perdre
on aurait dit parbleu comme une route endeuillée
dans ce goudron si noir impeccable écorcheur
la bonté colle aux dieux invendus fous
chaque humain au réveil se contemple dit : je meure
- 6 -
aurore
leurs ponts-levis s'abaissent intimant l'ordre d'oser
on sort par le haut d'un égout rudimentaire
vers l'au-delà se trouvent un costume milles grandeurs
sommes nous enfin sûr que nos oeuvres puissent être montrées
leurs ponts-levis s'affaissent ouvrant aux hommes un mur
cette coulée de lave qui fond sur nos jeunes printemps
si l'on coince nos tchadors sous une fente de fauteuil
nos fonds de vie s'avèrent forts déroutants
l'ossature dégringole quand le prieur conteste
or l'attitude d'aimer ne s'impose qu'en mon trouble
aux pâtures rincées où l'ordre piquant confesse
l'oralité perdure grinçante nous conforte
cet onanisme bienvenu m'offre son écueil fourbe
aux abords déroulant d'un esprit onduleur
onanisme enfumé qu'on voudrait ceint de ports
un bout d'arc-en-ciel fléchit sur mon corps
clef en main montre au poignet il couture le deuil
couvre de feuilles la porte d'un sujet conséquent
maintenir cousu l'objet l'hameçon sans pécheur
les ronces envahissent tout de leurs corolles d'écrin
notre volonté d'airain n'y peut pas grand coup d'œil
notre volonté n'y peut rien
notre pudeur sombre étanche insoutenable coquille
et notre pantalon clair nous distingue du peuple
les ronces déshonorent tout dans leur sillage d'emprunt
conquises leurs morts vinrent elles à nous sans sursauter
l'intempérie du jour ne tombe pas hors forêt
un pléonasme de plus pour notre cœur en rayon
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crue de mots dont la couleur chante l'iode d'un décembre
rien ne va les flots courent et leurs rus sont bénis
et tu joues ton avenir proche en ses mains chaudes
un bloc de souffrance muette pour ami
mais ton amour me manque impossible borné stop
une nouvelle vie gantée s'offre à nos cœurs d'humains
c'est dur aussi pour l'humble de penser à notre heure
nos corps de beurre sur un divan éteints
passer un coups de fil aux mains du monde en fleurs
comme seul plaisir manger ou alors fondre de faim
mer du globe océan mirage ou creux confins
sous leur teint rubicond les cauchemars s’étiolent
bonhomme j'attends l'excuse qui évince le mouron
nos températures montent seul le symbole persiste
comme si je progressais sur une plaque engoncée
rut en trombe la sainte s'éprit pour faire oeuvre d'homme
on déplore un chef pieux aux injures qu'il roula
face aux yeux du destin coulent leur plomb déplorant
contraint forcé à rougir au vertueux cœur
pas d'erreur compromise dans les fours princiers
quand le passé s'interpose qu'on nous coffre une cime
arlequin comme cet auguste clown rêveur qu'on pend
panse son cher orateur un coup haut le décime
à mon humble niveau flirtent foudres et feux lents
coupures de presse étalant leurs potins dix morts
et la liste est trop longue de tous leurs instruments
longtemps pieuses leurs colonnes soudain l'absurdité
longtemps leurre au dehors soudain la surdité
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or tu m'aimes trop inconvénient majeur
hargneux îlot où cognent sans pudeur les épingles
billot couronne vent pur
un peu beaucoup tu l'aimes à tort
le manque d'amour au contraire décuple il syncope
poison fidèle doux et lent corps humain je meure
une main chanceuse aux lignes claires écarte leur tronc d'homme
tu vins au devant d'elle comme si nous étions mort
sachez que notre souffrance seule plainte au monde n'est dupe
seul trésor vain avec le vent où nos ombres bruissent
au contraire de jésus il manque d'amour porteur
lent nuage au point mort où les chemins périssent
leurs verrues coriaces s'échouent aux embruns nombreux
lors du printemps on préconise d'absoudre les deuils
l'impératif reste le seul ordre qu'on eut beau vendre
lors du printemps on préconise d'absoudre les dieux
un larousse comme missel aux yeux du contempteur
donne raison à notre doute haut lieu du saint prénom
robert jaloux me semble singer
d'un petit poids l' erreur ambiguë d' ésope saoul
l'usage des prémices impose de coudre son envol
l'unique espace étant clos le cordon vainqueur
les corps plongent en cœur épitaphe au sein du doute
notre danseur déboule futile aux blondes abeilles
au sortir d'un vécu qu'on voudrait malheur tendre
l'anodin présent d'or puise le fond des heures floues
anéanti comme une souche on se peint d'horreur
confuse notre peur indifféremment verte ou bleue
les vagues ont changé de couleur
-9-
déjà tout petit on encordait maints bonheurs
et raisonnablement truqueur on n'y peut rien
ces cerfs volants qui m'ont ému
ouvrent leurs portes aux cieux marins
les couleurs évoluent en rapport fond de teint
d'heure en jour au grain les habitudes vont et collent
ou leur vécu ronflant de parodie sincère
ou quelques grammes d'un étrange bonheur
aux alentours du fond des cieux pleure notre défunt
au tour de table succède un monde silence et deuil
nos douze notes de musique sérielle attendent qu'on trinque
qu'un mélomane goûte hors concert leur pelure blanche
accueilli en plein cœur voué au long corps perclus
le palpitant savoure son décret d'impudeur
inonde ô bain ma naissance
dans cette vallée de l'aube où l'humain dort pilleur
nos vingt ans d'œil se délectent du son vague qui court
aussi contraire le manque d'amour écorne l'humeur
la crainte le désir oh... mon cœur fou en braise feule
même si du haut dehors mon drame vous semble bénin
aimant d'un tout plus vaste qui pose le monde en leurre
le rouleau compresseur hors d'atteinte s'érige nu
leurs mouvements d'éolienne furent alors contraints
par le train écumant nos folles girouettes en fleurs
mais au point mort la vie s'étend
la vie se perpétue
nul temps de synchroniser leur montre les carrosses
tout contre leur torse une imposante pluie bleue paresse
-10-
eve
une forte tension au sein m'a aidé pour ce cri
à gauche bout comme une onde un battement crécelle
le cœur oui non mutin bat forcé ment cogneur
meuble sphère le bonhomme envoûte l’idéal
ode et fable austère sur le ton triste d'un clown blanc
leur folie du ménage sert le monde en coupole
ces pseudos insoumis portent émus la confiance
humble vous êtes obligé de la prendre sous votre tombe
les mots sont sans soucis impétueux orpailleurs
il faudrait que tu saches combien leur portée change
latin brut sinon bel hébreux coulant d'import
pour la prochaine sortie on chauffe cent jus de fleur
que nos cœurs sortent du sas et qu'ils meurent inconscients
comme un dernier rempart roulons bonheur ultime
j'ai installé une tente pour que nos corps y pleurent
trop outrées par le sort sont les langueur du vivre
longtemps l'athlète couve la piste d'un oeil torve
qu'il a plein de torpeur et les muscles en coton
l'indésirable douleur contenue m'emportait
leurs muses élaboraient le plan qui nous vaincra
l'insurgé contre l'amour enveloppe ses dix fleurs
dans cette sorte de clameur qui accueille le vaincu
fasse que du jour il reste encore vainqueur
perdrix à retrouver au sein du corps ronflant
dans la gueule du requin dorment des ogives rouillées
lumière crevant l'ailleurs d'un monde nouveau
ou réclusion à perte qu'importe nos rancœurs
un seul lieu pour la pendaison : l'île au trésor
-11-
débit de mots qu'on coule cherchant à rompre l'impur
leur cadeau humide en mains sert d' éloge honteux
comme si j'enviais une plaque de clou à mon honneur
les humbles suivants déboulonnerons nos statues
mon ouragan intérieur aux yeux des hommes sue
cinq vieux solennels s'épuisent en chœur sur mon sort
quelques uns ont cru voir et ils nous endorment l'œil
l'amour impossible demeure mon cortège déchu
et les matelots meurent riant d'une mort d'oursin
encore que l'insolite scrutait déjà son trou
cette réunion m'honore car l'enfreint ne nous heurte
comment font ces félins pour vivre adultes
l'homme canicule faisait crouler nos membres
or cette bise survint pour calmer nos fronts boueux
long corridor le sein flanche dure s'écoule ma peine
l'amour bien aimé mue se meurt haut en tessons
un paréo me protège du vent fort qui souffle
défunt je tombe dans la buvette rousse feuille d'automne
inculpé pour notre meurtre des arrogantes secondes
le doux poids des timbres purs vibre en mon cœur comblé
aucune arme blanche n'inquiète le bouffon seul
plus malin qu'ils ne semblent les honneurs sont formés
et occupent l'espace-temps pour mieux vaincre leur mousson
cas d'intempérie peu commode où l'on meurt : vertu
quelque aiguille dans l'obtus cœur tout se dégonfle
voyageur immobile sur le plancher des vaches
rendez vous impromptu chevauchons l'extatique
couchons nos corps perdus chez un chantre statique
-12-
eurêka leur clepsydre résorbe son trop plein dune
d'une rose de sable neuf ou d'un désert confiant
le plus sordide bouge les autres s'embrassent et l'un meure
et stupeur : le sage inquiet par un songe s'endort
nulle prise de parole fleuve n'est donnée concourante
goûtons ce calme qu'imbues les feuilles blanches démolissent
elles se sentent comme un cocon mis à nu qu'écœure
maître corbeau sur son arbre ténu
au bleu firmament on plaint les joueurs fortunés
de rencontrer quelqu'un sous une chaleur horrible
oh alors on devient pire qu'une mouche sédentaire
instance d'une nouvelle géographie de l'homme bon
comme adjectif au nom d’un empereur découle
l’œil humide semant douceur au fond du vagin
mais le fumeur n’y voit qu’un doux présage
accueil hostile dans ce monde inconnu
joufflu ce temps long et poli vient d'ailleurs
me tirer du vide où mon sommeil feint l'attente
un seul appel hideux nos sols s'en trouvent jonchés
le fébrile mouton syncope du fer attend l'heure
clamez tout près chuchotant que seul un corps vit
enveloppe de pudeur autour d'un fond sauvage
veuillez vous astreindre si nos coqs bon chanteurs plaisent
réticents aux caresses
ils se couchaient tôt sur un passé enfin mort
mais l'homme rentre seul d'où il a vécu son cœur suinte
jusque mort s'en suive compte les feuilles d'un journal
quelles amours figées au son du bonheur ne trinquent
-13-
hors concours
le biographe ému feint d'être franc
passionnant au point que les mouches dorment tombent du chœur
comme doux nom d'emprunt de leur nature émotive
l' érudit semble moins lourd que ces ombres de porteurs
les femmes et hommes au printemps font courir leurs muses
endormi fanion une houle m'étreint c'est mon hôte
aimant pure perte à tout rompre humble prosélyte
mon cœur qui bat sans qu'aucun pouvoir puisse le tuer
incestueux épilogue qu'on arpente doux rôdeur
quelque mélange de bonheur vient sous le sein pâlir
l'usage des épices nous impose de pondre en vol
les vaches ont changé de couleur
isolé loin de tout la candeur des portions
glissant dans l'or tel un dieu sur l' olympe
rusé robinson en sa demeure voulait vivre
déplaisante peur pointue joli cauchemar blond
la vie flotte dans nos crues son butin me fait peur
s'offre au monde par un remous d'ivresse
quand la migraine donne le bourdon aux défunts
personnage féminin dans l'aube longtemps fleur
rare torrent objectif lune rêvons pour demain
comme l'aube amoindrie dont l'égout serait fendu
associés pour du vent comme deux conduits s'effleurent
une solitude transpercée d'amour en besoin
comme le disent haut les cartes seuls les princes sont touchants
d'aucuns ont eu le courage d'entrer faire leur nid
à ce train l'équivoque mauvais boulon prudence
impose de mettre l'orgueil et la fronde en sourdine
Sunderland 29 octobre o4.
[ annexes ]
-a-
préambule
à qui sert le monde où dorment nos peurs
cette clarté diurne meurt et soleil ne comprend rien
un long sourire comme une impasse enflée de deuil
les noces de figaro m'ont vu manquer leur train
encore l'heure
chaque humain se réveille au compte goutte
soldat bloqué sur ses jambes par moult liqueur de vin
sept heure du matin et le fourgon qui tremble
le saint dit pouce et l'on songe aux dormeurs
des feuilles peintes
le préambule pour consigne aura
l'interpolation veule dans le mou du génie
même quand l'haltérophile vous hurle de rompre votre pain
goûtez à l'oxymel infantes corrompues
des vingt ans
amour sérieux dont l'autre sort lueur
le seul indice qu'ont rendu précoces les coupables
cambouis dont les mains sortent plus blanches
vécue hors d'aujourd'hui mon empreinte est ailleurs
--
-b-
l'empire du doute fait sa ronde en notre cœur
dormir debout à l'envers contre un mur
anecdotique réveil sur ce sein blanc
mon âme folle se réfugiait dans le flou
journaliste singulier de son temps propre
au fond du trou rasé de près il chante
c'est la vie c'est la vie coquin de sort
quand l'hiver approche et que les feuilles fondent
l'oiseau petit sombre apnée dans l'aigreur
augustes présages nichant sous les ponts
comme l'olive devient huile montrant sa chair
vaine poésie qu'on éructe en notre nom
encore réactif au son de ces muses
oeilleton masquant l'oubli utérin
pleurs du peintre qui observe le monde en pied
le sang coule pâle sursis et nos pores sont vainqueurs
--
-c-
qui fait que notre monde tourne sur la pointe
volupté calme qui tendre opère
sous ces allures de prophétie
éclaireur ardant aux joues bleues
comédie d'avant scène pour que l'oiseau sorte nu
mais d'où sort donc ce nid carré
silence mon maître que j'affectionne
donne moi un peu ton éloquence
recommandation simple et juste
dieu vaut la peine de s'obstiner
faire une chanson de cette journée
un veston aux manches décousu
laconique pour sembler plus noble
sous son allure mobile d'errant
notre chevalier servant voudrait
ronger ce bureau où s'entassent les gains diurnes
il a vingt ans et toutes ses ronces
punaises sous nos pas enfoncées
au front le temps nous est compté
les sillons courent
l'escalier du bord monte aux cieux
alexandrin(s)
--
-d-
la fraîcheur en douce porte aux nues son béguin
cette nonchalance me donne du cœur
la peur au ventre elle me détient
la fraîcheur en douce porte aux nues mon béguin
cette nonchalance me donne du cœur au sein
--
-e-
trépignant amours sur nos têtes
nos vœux les rendent impérissables
clin d'œil complice reflux d'ardeur
porte close des jours anciens
vociférants pleurs de marins
plaintes ordinaires que tous côtoient
comment parler de ces choses vues
sans les honneurs que rajoute l'ombre
ribambelle maintes fois déroulée
le poème fondateur du monde
blindé de drame comme une outre pleine
une foule de visages bienveillant
devant nos liens sacrés du sexe
pour quel avenir en commun
fréquence impossible le cœur lâche
amour injuste
--
-f-
suc d'oxymore qu'on tire des plante
le vent frais améliore mon rhume
formidable ruée vers le beau
rennes lacérant la peau des mains
sous une voix blanches mains et dents longues
fichez le camp mauvais présages
ce sourire masque m'occulte ton corps
désormais inondé de sueur
la paume traîne son ancre sous le socle
jusqu'au sang galopent les traces
l'œuvre n'est point de l'homme l'étalon
(d)odécaphonisme incomplet